Paris Nanterre, les 3 et 4 décembre 2026
Des membres issus de différents axes de trois unités de recherche – Études romanes (CRIIA-REDES), CRPM (Centre de Recherches Pluridisciplinaires Multilingues) et CREA (Centre de Recherches Anglophones) – du Département de LEA (Langues étrangères appliquées) de l’Université Paris Nanterre proposent une thématique transversale pour leur première rencontre internationale : Interactions : agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité. Ces mouvements – l’agir et le réagir – ont été largement étudiés dans diverses disciplines, telles que la sociologie, les études culturelles, la linguistique ou encore la didactique.
Appel à communications
Par interaction (c’est-à-dire l’interaction en face à face), on entend à peu près l’influence réciproque que les participants exercent sur leurs actions respectives lorsqu’ils sont en présence physique immédiate les uns des autres ; par une interaction, on entend l’ensemble de l’interaction qui se produit en une occasion quelconque quand les membres d’un ensemble donné se trouvent en présence continue les uns des autres ; le terme « rencontre » pouvant aussi convenir.
E. Goffman La mise en scène de la vie quotidienne. La présentation de soi
1973, vol. 1 : 23

C’est avec cette définition que nous prétendons orienter la réflexion sur l’agir et réagir en contexte d’interculturalité et d’interdisciplinarité. En ce sens, l’objectif de ce colloque est d’interroger les différents aspects de l’interaction dans un contexte interculturel et interdisciplinaire, autour de trois axes : (socio-)culturel, linguistique et didactique. Il s’adresse aux enseignants, aux chercheurs et aux praticiens de langues souhaitant approfondir la problématique de l’interaction.
En linguistique, les approches pragmatiques (parmi d’autres : Austin 1976, Searle 1972, Grice 1989, Ducrot 1993, Escandell Vidal et al. 2021) et énonciatives (Bally 1951, Benveniste 1976, Culioli 1991, 1999, Kerbrat-Orecchioni 1980, 1984, 1990, entre autres) mettent en lumière la multiplicité des échanges où agir et réagir se croisent et s’entrelacent. Cette interaction peut parfois s’inscrire dans l’harmonie, les deux actants parvenant à une symbiose complète. Mais elle peut aussi être perturbée par des éléments contextuels et situationnels – sujets, objectifs, intérêts, attitudes, messages –, entraînant des oppositions entre agir et réagir.
En études culturelles et en sociolinguistique, Hall (1976) a montré que la culture ne se réduit pas à des pratiques visibles : elle structure en profondeur nos modes de perception et de communication (rapport au temps, à l’espace, au contexte). Hofstede (1991) a identifié des dimensions culturelles influençant les comportements organisationnels et professionnels (rapport à la hiérarchie, gestion de l’incertitude, individualisme/collectivisme, etc.). Foucault (1984), à travers sa réflexion sur les hétérotopies, a quant à lui permis de concevoir les espaces d’interaction comme des « lieux autres », où les normes de l’agir et du réagir obéissent à différentes logiques sociales et culturelles.



